Par la lune d'été vaguement éclairée,
Debout, nue, et rêvant dans sa paleur dorée,
Que tâche le flot lourd de ses longs cheveux bleus
Dans la clairière sombre où la mousse s'étoile
La Dryade regarde au ciel silencieux....
La Blanche Séléné laisse flotter son voile,
Craintive sur les pieds du bel Endymion,
Et lui jette un baiser dans un pâle rayon...
La Source pleure au loin dans une longue extase...
C'est la Nymphe qui rêve , un coude sur son vase,
Au beau jeune homme blanc que son ode a pressé.
Une brise d'amour dans la nuit a passée,
Et dans les bois sacrés, dans l'horreur des grands arbres,
Majestueusement debout, les sombres marbres,
Les Dieux, au front desquels le bouvreuil fait son nid,
Les Dieux écoutent l'Homme et le Monde Infini !
Arthur Rimbaud
Sur ces quelques vers de Rimbaud je vous laisse pour quelques jours. Prenez soin de vous....