Première représentation, une catastrophe, le trac ! Mais de beaux moments de partage et de complicité. Le soir nous avons fait des projets pour septembre, stages, nouveaux metteurs en scène, on joue les acteurs, on refait le monde, on fait semblant d'y croire .... Et puis soudain je les regarde vivre, s'aimer. Ils ont dit "reste encore un peu". J'ai cherché mon chemin dans l'obscurité, retrouvé ma voiture. J'ai roulé un peu trop vite sur cette route de campagne, traversé des bois, des villages... Une envie de calme, un CD de Goldman, cette chanson, ma vie qui défile, et coulent les fontaines jusqu'où s'échouent les promesses éteintes de tous nos voeux dissous. J'aurais voulu dire ces mots à mes fils, leur expliquer que je ne sais pas où me mènent ces routes, que je les aime envers et contre tout. Leur demander pardon mais je ne sais pas de quoi, je n'ai rien fait de mal, enfin je crois. Ils ne passeront pas par ici mais je leur dédie ce texte comme un cri d'amour une nuit de juillet. Qui peut prétendre comprendre et qui peut supposer m'apprendre ce qu'est l'amour ?
Toutes les ébènes ont rendez-vous
Lambeaux de nuit quand nos ombres s'éteignent
Des routes m'emmènent, je ne sais où
J'avais les yeux perçants avant, je voyais tout
Doucement reviennent à pas de loups
Reines endormies, nos déroutes anciennes
Coulent les fontaines jusqu'où s'échouent
Les promesses éteintes et tous nos v½ux dissous
C'était des ailes et des rêves en partage
C'était des hivers et jamais le froid
C'était des grands ciels épuisés d'orages
C'était des paix que l'on ne signait pas
Des routes m'emmènent, je ne sais où
J'ai vu des oiseaux, des printemps, des cailloux
En passant
Toutes nos défaites ont faim de nous
Serments résignés sous les maquillages
Lendemains de fête, plus assez saouls
Pour avancer, lâcher les regrets trop lourds
Déjà ces lents, ces tranquilles naufrages
Déjà ces cages qu'on attendait pas
Déjà ces discrets manques de courage
Tout ce qu'on ne sera jamais, déjà
J'ai vu des bateaux, des fleurs, des rois
Des matins si beaux, j'en ai cueilli parfois
En passant